21 juin 2007

De retour...

pour pas bien longtemps !
J'étais partis deux semaines et demi en Hollande, près de Drenthe, dans le nord de la Hollande, pas complètement au nord, mais quand même pas mal au nord par rapport à ici !

Drenthe, c'est deux choses, d'abord le berceau d'une école de peinture du même nom en 1860. Les premiers peintres qui sont sortis de leurs ateliers pour peindre directement sur le sujet "la nature" (oui j'y reviendrait à cette notion toto), inspiré par l'école de Barbison. Mais à cette époque ou frémissait les premiers impressionistes en France, ici le traitement pictural était encore très classique, mais surtout d'un romantisme total et profond. les sujets et le traitement sont vraiment de cet esprit, même s'il commencait à y avoir de plus en plus de toiles traitant de thèmes sociaux comme la paysannerie, et les petites gens. J'avoue que je trouve les tableaux un peu trop léchés, un peu trop strictes, c'est plus le choix du sujet qui pourrait me déclencher des émotions !!! Par contre les dessins de cette période... j'en suis baba, dingue, ils sont d'un beauté, d'une sensibilité que l'on ne retrouve pas dans la peinture !
Lieu suffisament fameux pour avoir attiré des artistes Allemand, Belge et Français.
le plus connu : Max Liebermann 1883 (Allemand)
MaxLiebermann02W

                                                                                     Anton Mauve 1863AntonMauve02W

La deuxième choses (et c'est peut-être un début de réponse pour toi Toto), est que, à cette époque (1860), le paysage n'était constitué que de bruyères et de tourbières à perte de vue. Et quand je dis à perte de vue, cela veut dire que les peintres (par exemple) pouvaient marcher dans ce paysage toujours identique, pendant deux ou trois jours, sans jamais rencontré une maison ou un village, sans jamais aucun repère singulier. Il parrait que beaucoup se perdaient au sens propre du terme.
Alors vers 1860, ils ont commencé à creuser des cannaux pour l'exploitation de la Tourbe à l'Est de cette région (allant jusqu'en Allemagne), et ils ont battis des cabanes pour les travailleurs, au Sud de Drenthe, car le sol était sableux, ce qui était plus stable que dans la tourbe... ainsi est né Schoonoord, village où je me trouvais. En 1920, le gouvernement à obligé les travailleurs sans emplois (sous peine de perdre leurs indemnités), à planter des arbres sur cette immensité plate, ils ont crée des forêts, et le paysage s'est transformé, au grand désespoir des peintres !!!Labourer01W
Forêt dans laquelle se tenait ce symposium auquel j'ai participé.
J'ai imaginé, que ces travailleurs devaient se trouver loin de chez eux... et qu'ils ne pouvaient pas forcément rentrer chaque soir, alors ils ont construit des cabanes pour dormir ou s'abriter des orages. Evidemment ils n'utilisaient que les matériaux qu'ils trouvaient sur place (pas vraiment d'argent pour acheter des matériaux de construction), comme des branches, de la terre ou des matériaux donnés par les fermiers voisins. C'était comme un petit village, éphémère, pour le temps des travaux, construit il y a plus de 80 ans !!! alors il ne reste plus grand chose... quelques structures de bases, où l'on retrouve à certains endroits les restes des matériaux utilisés à l'époque.
LabourerGENE01

Branches02Herbe01Terre02Paille03
Alors, la nature c'est peut-être ce qui se fait tout seul..., elle se débrouille très bien, mais elle ne va rien nous arranger du tout ! elle essaye de survivre, de s'adapter... de nous elle n'a cure !!! mais la pression humaine est tellement forte que j'en doute de plus en plus, chaque jour.
Le paysage, existe au travers de notre main, est façonné par nous, principalement les agriculteurs, les constructeurs d'autoroute.... depuis des centainies c'est comme ça, il y a du bien, du moins bien et du terrible ! mais ne pouvons nous pas trouver des nuances, un moyen terme entre tout détruire, tout vouloir maîtriser et contrôler, ou tout conserver ?!?!?!
Je suis toujours très dubitatif devant ces associations ou groupes quelconques de personnes qui veulent à tout prix sauvegarder un espace sensible, ou même une zone quelque peu (extra)ordinnaire, en pensant pouvoir l'extraire, la figer dans le temps et l'évolution naturelle de la vie. (L'exemple type sont les Couannes sur la Dordogne, mais j'en parlerais un autre jour). J'y suis particulièrement sensible pour y avoir participer activement, à certaines de ces associations. Une des raisons de mon désengagement.
La biodiversité (ou la diversité du vivant, si vous préférez), est la garantie d'un équilibre dont nous faisons partie.

Posté par marsalet à 20:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur De retour...

    école de barbizon, 'est vite fait comme comparaison, ... on n'est pas loin de la biche aux bois...
    dac avec toi, les dessins sont très sensibles, mais les couleurs du tableau....! pas encore du Courbet....
    c'est marrant tes tipis! le farwest du Nord!
    (j'avais pas vu à quel point la structure était proche de celle des tipis sur les dessins préliminaires...)

    Posté par toto, 22 juin 2007 à 11:58 | | Répondre
  • Comparaison... et complément d'information

    faite par la gardienne de l'exposition, ce n'est pas vraiment un musée, c'est une exposition organisée par une banque, dans le village central de cette école "Zwelloo". Je dis gardienne car elle a énormément à coeur de nous expliquer tout les tenants et zaboutissants de cette période qu'elle chérie , il me semble, tout particulièrement ! On est loin de Corot, de cette force du trait et de cette lumineuse couleur...!!!
    Mais je suis allé voir de plus près, et ce n'est pas vraiment si loin des débuts de ce qui ce passait en France. Mais on est encore au début du XIXème dans la facture..; enfin je crois.
    En ce qui concerne les tipis, je ne l'avais pas pensé tout à fait comme ça (bien que ça y ressemble et que plusieurs Hollandais en ballade dans cette forêt, m'ont fait la même réflexion), pour moi (dans mon imagination, de l'histoire que j'avais inventée), cela me semblait la manière la plus simple de construire rapidement une cabane pour s'abriter provisoirement,en coupant quelques jeunes arbres, les transformant en perches appuyées contre un tronc, ligaturées au sommet. La base est elliptique... donc ce n'est pas vraiment un Tipi... mais ce n'est pas vraiment perceptible sur une photo, il faut évoluer entre, au travers ! Mais ce n'est pas une excuse, et ça resemble un peu trop à ça, ce qui était moins le cas sur le dessin !!! Contradiction...
    Contradictions, contradictions... bien sûr, je voulais faire un village fantôme, et personne n'est dupe qu'il a été construit il y a deux semaines, l'herbe (même sèche) est si fraiche, la terre si humide !
    Je voulais juste donner quelques élèments, quelques matières, quelques odeurs, pour permettre aux visiteurs, peut-être, de se transporter, d'imaginer cette époque !
    Mon travail, ce n'est pas une "oeuvre d'art" (oh non ! je sais !), c'est une mise en scène de formes, de matières, d'odeurs, qui a un sens, qui veut raconter quelque chose, qui veut poser des questions ou déclencher des émotions. Elle se vit sur le lieu, aucune photos ou vidéo ne poura traduire ces moments là !
    Quand le temps de la monstration est finie, quand le temps du temps a fait son oeuvre, et que les matériaux se délitent et retournent d'où ils viennent... alors seul reste dans la mémoire de ceux qui étaient là, une image ou un moment de rencontre !

    Posté par marsalet, 22 juin 2007 à 19:06 | | Répondre
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